Troisième Partie
L'HISTOIRE D'URANTIA
Ces fascicules sont parrainés par un Corps de Personalités
de l'Univers Local aggisant par autoritéde Gabriel de Salvington.
Source : http://www.urantia.org/french/index.html
Fascicule
n°97...partie 2 de 2 ...7 à 10
7 . LE SECOND ISAÏE ( suite )
P.1069 - §3 Écoutez de nouveau l'évangile de cette nouvelle révélation du Dieu de Salem : " Il paîtra son troupeau comme un berger ; il recueillera les agneaux
dans ses bras et les portera sur son sein. Il donne du pouvoir aux faibles et il accroit la force de ceux qui n'ont pas de puissance. Ceux qui attendent le Seigneur renouvelleront leur vigueur ;
ils s'élèveront avec des ailes, tels des aigles ; ils courront et ne seront pas fatigués ; ils marcheront et ne seront pas affaiblis. "
P.1069 - §4 Cet Isaïe mena une vaste propagande évangélique en faveur du concept élargi d'un Yahweh suprême. Il rivalisa avec Moïse par l'éloquence avec
laquelle il décrivit le Seigneur Dieu d'Israël comme le Créateur Universel. Il fut poétique dans sa description des attributs infinis du Père Universel. Aucune déclaration plus belle concernant
le Père céleste n'a jamais été formulée. Au même titre que les Psaumes, les écrits d'Isaïe comptent parmi les présentations les plus sublimes et les plus véridiques du concept spirituel de Dieu
qui aient jamais atteint les oreilles des mortels avant l'arrivée de Micaël sur Urantia. Écoutez son portrait de la Déité : " Je suis le haut et le sublime qui habite l'éternité. " " Je suis le
premier et le dernier, et il n'y a pas d'autre Dieu en dehors de moi. " " Et la main du Seigneur n'est pas si courte qu'il ne puisse sauver, ni son oreille bouchée pour l'empêcher d'entendre ."
Ce fut une nouvelle doctrine pour les populations juives que d'entendre ce prophète bénin, mais plein d'autorité, persister dans sa prédication sur la constance divine, la fidélité de Dieu. Il
déclara que " Dieu n'oublierait pas et n'abandonnerait pas. "
P.1069 - §5 Cet audacieux éducateur proclama que l'homme avait une relation étroite avec Dieu. " J'ai créé pour ma gloire chacun de ceux qui s'appellent de mon
nom, et ils proclameront ma louange. C'est moi, oui moi, qui efface leurs transgressions par égard pour moi-même, et je ne me souviendrai pas de leurs péchés. "
P.1069 - §6 Écoutez ce grand Hébreu démolir le concept d'un Dieu national, tandis qu'en gloire il proclame la divinité du Père Universel dont il dit : " Les
cieux sont mon trône, et la terre est mon marchepied. " Et le Dieu d'Isaïe n'en était pas moins saint, juste, majestueux et insondable. Le concept du coléreux, vindicatif et jaloux Yahweh des
Bédouins du désert a presque disparu. Un nouveau concept du Yahweh suprême et universel est apparu dans le mental des mortels pour ne jamais plus être perdu de vue par l'humanité. La réalisation
de la divine justice avait commencé la destruction de la magie primitive et de la peur biologique. L'homme est enfin introduit dans un univers de loi et d'ordre, et présenté à un Dieu universel
qui possède des attributs fiables et finals.
P.1070 - §1 Et ce prédicateur d'un Dieu céleste, ne cessa jamais de proclamer ce Dieu d'amour. " J'habite le haut lieu élevé et saint, et aussi avec celui dont
l'esprit est contrit et humble. " Ce grand éducateur adressa encore à ses contemporains de nouvelles paroles d'encouragements : " Et le Seigneur te guidera continuellement et satisfera ton âme.
Tu seras comme un jardin arrosé, comme une source où l'eau ne manque pas. Si l'ennemi vient sur toi comme une inondation, l'esprit du Seigneur élèvera une défense contre lui. " Une fois de plus,
l'évangile de Melchizédek, destructeur de la peur, et la religion de Salem, engendrant la confiance, brillent pour la bénédiction de l'humanité.
P.1070 - §2 Le clairvoyant et courageux Isaïe éclipsa efficacement le Yahweh nationaliste par son portrait sublime de la majesté et de l'omnipotence universelle
du suprême Yahweh, Dieu d'amour, souverain de l'univers et Père affectueux de toute l'humanité. Depuis ces jours mémorables, le concept supérieur de Dieu en Occident a toujours englobé la justice
universelle, la miséricorde divine et la droiture éternelle. Dans un langage superbe et avec une grâce incomparable, ce grand instructeur décrivit le Créateur tout-puissant comme le Père aimant
tout le monde.
P.1070 - §3 Ce prophète du temps de la captivité prêcha à ses compatriotes et à des étrangers de bien des nations qui l'écoutaient au bord du fleuve à Babylone.
Et ce second Isaïe contribua beaucoup à neutraliser les nombreuses conceptions fausses et racialement égoïstes de la mission du Messie promis, mais il ne réussit pas entièrement dans ses efforts.
Si les prêtres ne s'étaient pas adonnés à bâtir un nationalisme mal conçu, les enseignements des deux Isaïe auraient préparé la voie à la récognition et à la réception du Messie
attendu.
P.1070 - §4 L'habitude de considérer le récit des expériences des Hébreux comme l'histoire sainte, et les opérations du reste du monde comme l'histoire profane
est responsable d'une grande partie de la confusion qui existe dans le mental humain au sujet de l'interprétation de l'histoire. Cette difficulté s'élève parce qu'il n'existe pas d'histoire
laïque des Juifs. Durant l'exil à Babylone, les prêtres commencèrent par préparer leur nouveau récit des rapports, supposés miraculeux, de Dieu avec les Hébreux l'histoire sainte d'Israël telle
qu'elle est relatée dans l'Ancien Testament. Ensuite, ils détruisirent soigneusement et complètement les archives existantes des affaires hébraïques les livres tels que " Les Actes des Rois
d'Israël " et " Les Actes des Rois de Juda ", ainsi que divers documents plus ou moins exacts de l'histoire des Hébreux.
P.1070 - §5 Pour comprendre à quel point la pression accablante et la contrainte irrésistible de l'histoire laïque terrorisaient les Juifs captifs et gouvernés
par des étrangers, au point qu'ils tentèrent de récrire et de refondre complètement leur histoire, il est bon de passer brièvement en revue le compte rendu de leur troublante expérience
nationale. Il faut se rappeler que les Juifs ne réussirent pas à dégager une philosophie adéquate et non théologique de la vie. Ils luttèrent avec leur conception originelle et égyptienne de
récompenses divines pour la droiture et de sévères punitions pour le péché. La dramatique histoire de Job fut quelque peu une protestation contre cette philosophie erronée. Le franc pessimisme de
l'Écclésiaste fut une sage réaction terrestre contre ces croyances trop optimistes en la Providence.
P.1071 - §1 Mais cinq-cents ans de suzeraineté par des chefs étrangers dépassaient la mesure, même pour les Juifs patients et endurants. Les prophètes et les
prêtres commencèrent à crier : " Jusques à quand, Seigneur, jusques à quand ? " Quand un Juif honnête sondait les Écritures, la confusion de ses pensées s'aggravait encore. Un ancien voyant avait
promis que Dieu protègerait et délivrerait son " Peuple élu ". Amos avait formulé la menace que Dieu abandonnerait Israël si ce peuple ne rétablissait pas ses critères de droiture nationale. Le
scribe du Deutéronome avait décrit le Grand Choix entre le bien et le mal, entre la bénédiction et la malédiction. Le premier Isaïe avait prêché un bienfaisant roi-libérateur. Jérémie avait
proclamé une ère de droiture intérieure l'alliance écrite sur les tablettes du coeur. Le second Isaïe avait parlé du salut par le sacrifice et la rédemption. Ézéchiel avait proclamé la
délivrance par le service dévoué, et Ezra avait promis la prospérité par adhésion à la loi. Mais, malgré tout cela, les Juifs se trainaient dans la servitude, et leur délivrance était différée.
Daniel présenta alors le drame de la " crise " imminente le bris de la grande statue et l'établissement immédiat du règne perpétuel de la droiture, le royaume messianique.
P.1071 - §2 Tous ces faux espoirs amenèrent les Juifs à un tel degré de déception et de frustration raciale que leurs chefs se troublèrent au point de ne pas
reconnaître et de ne pas accepter la mission et le ministère d'un divin Fils du Paradis lorsqu'il vint bientôt vers eux dans la similitude de la chair mortelle incarné en tant que Fils de
l'Homme.
P.1071 - §3 Toutes les religions modernes ont commis de sérieuses bévues en essayant d'interpréter miraculeusement certaines époques de l'histoire humaine. S'il
est vrai que Dieu a maintes fois tendu une main paternelle en intervenant providentiellement dans la marche des affaires humaines, il est faux de considérer des dogmes théologiques et des
superstitions religieuses comme une sédimentation surnaturelle apparaissant par une action miraculeuse dans la marche de l'histoire humaine. Le fait que les " Très Hauts gouvernent dans les
royaumes des hommes " ne convertit pas l'histoire laïque en une histoire prétendue sainte.
P.1071 - §4 Des auteurs du Nouveau Testament et des écrivains chrétiens ultérieurs compliquèrent encore la déformation de l'histoire hébraïque par leurs
tentatives bien intentionnées pour présenter les prophètes juifs comme transcendants. L'histoire hébraïque fut ainsi exploitée désastreusement par des écrivains tant juifs que chrétiens.
L'histoire laïque des Hébreux a été complètement dogmatisée. Elle a été convertie en une fiction d'histoire sainte et elle est devenue inextricablement liée aux conceptions morales et aux
enseignements religieux des nations dites chrétiennes.
P.1071 - §5 Un bref exposé des points saillants de l'histoire hébraïque illustrera comment les faits contenus dans les archives furent déformés à Babylone par
les prêtres juifs, au point de transformer l'histoire laïque quotidienne de leur peuple en une histoire fictive et sainte.
P.1071 - §6 Il n'y eut jamais douze tribus d'Israélites seulement trois ou quatre tribus s'établirent en Palestine. La nation hébraïque prit corps par suite
de l'union des soi- disant Israélites et des Cananéens. " Et les enfants d'Israël habitèrent parmi les Cananéens. Et ils prirent leurs filles pour femmes et donnèrent leurs filles aux fils des
Cananéens. " Les Hébreux ne chassèrent jamais les Cananéens de Palestine, en dépit des chroniques établies à ce sujet par les prêtres qui affirmèrent, sans hésiter, cette expulsion.
P.1071 - §7 La conscience israélienne prit origine dans la contrée montagneuse d'Éphraïm ; la conscience juive ultérieure naquit dans le clan méridional de
Juda. Les Juifs (les Judaïtes) cherchèrent toujours à diffamer et à noircir l'histoire des Israélites du nord (les Éphraïmites).
P.1072 - §1 La prétentieuse histoire des Hébreux commence avec Saül ralliant les clans du nord pour résister à une attaque des Ammonites contre les hommes d'une
tribu semblable les Giléadites à l'est du Jourdain. Avec une armée d'un peu plus de trois- mille hommes, il vainquit l'ennemi, et ce fut cet exploit qui amena les tribus des collines à en
faire leur roi. Lorsque les prêtres exilés récrivirent cette histoire, ils élevèrent à 330.000 le nombre des soldats de Saül et ajoutèrent " Juda " à la liste des tribus ayant participé à la
bataille.
P.1072 - §2 Immédiatement après la défaite des Ammonites, Saül devint roi par une élection populaire de ses troupes. Nul prêtre ou prophète ne participa à cette
affaire. Mais les prêtres inscrivirent plus tard, dans les chroniques, que Saül avait été couronné roi par le prophète Samuel conformément à des ordres divins. Ils agirent ainsi afin d'établir
une " ligne divine de descendance " pour la royauté judaïte de David.
P.1072 - §3 Parmi les altérations de l'histoire juive, la plus grande concerne David. Après la victoire de Saül sur les Ammonites (victoire qu'il attribua à
Yahweh), les Philistins s'alarmèrent et commencèrent à attaquer les clans du nord, David et Saül ne purent jamais s'entendre. David, avec six-cents hommes, conclut une alliance avec les
Philistins et remonta la côte jusqu'à Esdraélon. À Gath, les Philistins ordonnèrent à David de quitter le champ de bataille. Ils craignaient qu'il ne se rallie à Saül. David se retira ; les
Philistins attaquèrent et battirent Saül. Ils n'y seraient jamais parvenus si David avait été fidèle à Israël. L'armée de David était un assemblage polyglotte de mécontents, composé en majeure
partie d'inadaptés sociaux et de délinquants fuyant la justice.
P.1072 - §4 La défaite tragique de Saül à Gilboa par les Philistins déprécia beaucoup le statut de Yahweh parmi les dieux aux yeux des Cananéens du voisinage.
Ordinairement, la défaite de Saül aurait été attribuée à une apostasie envers Yahweh, mais, cette fois-ci, les éditeurs judaïtes l'attribuèrent à des erreurs de rituel. Ils avaient besoin de la
tradition de Saül et de Samuel comme arrière-plan pour le règne de David.
P.1072 - §5 David, avec sa petite armée, établit son quartier général à Hébron, ville non hébraïque. Ses compatriotes ne tardèrent pas à le proclamer roi du
nouveau royaume de Juda. Juda était principalement composé d'éléments non hébreux Kénites, Calébites, Jébusites, et autres Cananéens. Ils étaient des nomades des pâtres donc partisans de
l'idée hébraïque sur la propriété de la terre. Ils étaient attachés aux idéologies des clans du désert.
P.1072 - §6 La différence entre l'histoire sainte et l'histoire profane est bien illustrée par les deux récits différents concernant le couronnement de David
comme roi, tels qu'on les trouve dans l'Ancien Testament. Une partie de l'histoire profane sur la manière dont ses partisans immédiats (son armée) le nommèrent roi fut laissée, par inadvertance,
dans les archives par les prêtres qui préparèrent ultérieurement la longue et prosaïque version de l'histoire sainte. Celle-ci décrit comment, par gouverne divine, le prophète Samuel choisit
David parmi ses compagnons et procéda ensuite officiellement par des cérémonies compliquées et solennelles, à son onction comme roi des Hébreux, puis à sa proclamation comme successeur de
Saül.
P.1072 - §7 C'est ainsi que bien des fois, après avoir préparé leurs récits fictifs des interventions miraculeuses de Dieu auprès d'Israël, les prêtres omirent
de détruire complètement les données claires et positives déjà incluses dans les annales.
P.1072 - §8 David chercha à se créer une situation politique en épousant d'abord la fille de Saül, puis la veuve de Nabal, le riche Édomite, et ensuite la fille
de Talmaï, roi de Guéshur. Il prit six épouses parmi les femmes de Jébus, sans compter Bethsabée, la femme du Hittite.
P.1073 - §1 Et ce fut par ces méthodes et avec ces personnages que David élabora la fiction d'un divin royaume de Juda, succédant à l'héritage et aux traditions
du royaume du nord formé par l'Israël d'Éphraïm, alors en voie de disparition. La tribu cosmopolite de David, de Juda, se composait de plus de Gentils que de Juifs ; les ainés d'Éphraïm, bien
qu'opprimés, descendirent cependant de leurs montagnes et " l'oignirent roi d'Israël ". Après une menace militaire, David fit un pacte avec les Jébusites et installa la capitale du royaume uni à
Jébus (Jérusalem), qui était une ville bien fortifiée à mi-chemin entre Juda et Israël. Les Philistins en furent irrités et ne tardèrent pas à attaquer David. Après une farouche bataille, ils
furent vaincus, et Yahweh fut établi une fois de plus en tant que " Le Seigneur Dieu des Armées ".
P.1073 - §2 Mais il fallait à tout prix que Yahweh partageât une partie de sa gloire avec les dieux cananéens, car le gros de l'armée de David n'était pas
hébreu. C'est pourquoi l'on voit apparaître dans vos Écritures une indication révélatrice à laquelle les éditeurs judaïtes ne prêtèrent pas attention : " Yahweh a fait une brèche au milieu de mes
ennemis devant moi ; c'est pourquoi il appela le nom de ce lieu Baal Péraçim. " Cela eut lieu parce que quatre-vingt pour cent des soldats de David étaient des baalites.
P.1073 - §3 David expliqua la défaite de Saül à Gilboa en faisant remarquer que Saül avait attaqué une ville cananéenne, Gibéon, dont la population avait un
traité de paix avec les Éphraïmites. C'est pourquoi Dieu l'avait abandonné. Même du temps de Saül, David avait défendu la ville cananéenne de Keilah contre les Philistins, puis choisi pour
capitale une ville cananéenne. Fidèle à sa politique de compromis avec les Cananéens, David remit sept descendants de Saül aux Gibéonites pour être pendus.
P.1073 - §4 Après la défaite des Philistins, David prit possession de " l'arche de Yahweh ", l'amena à Jérusalem, et rendit officiel le culte de Yahweh dans son
royaume. Il imposa ensuite un lourd tribut aux peuplades environnantes les Édomites, les Moabites, les Ammonites et les Syriens.
P.1073 - §5 L'organisation politique corrompue du parti de David commença à prendre personnellement possession de terres dans le nord en violation des moeurs
hébraïques, et s'empara bientôt des taxes sur les caravanes précédemment perçues par les Philistins. Vint ensuite une série d'atrocités culminant dans le meurtre d'Urie. Tous les appels
judiciaires étaient jugés à Jérusalem ; " les anciens " ne pouvaient plus rendre justice. Rien d'étonnant à ce que la rébellion éclata. Aujourd'hui, on qualifierait Absalon de démagogue ; sa mère
était une Cananéenne. Il y avait une demi-douzaine de prétendants au trône en dehors de Salomon, le fils de Bethsabée.
P.1073 - §6 Après la mort de David, Salomon expurgea l'organisation politique de toute influence nordique, mais n'abandonna rien de la tyrannie et de la
taxation du régime de son père. Salomon ruina la nation par les prodigalités de sa cour et par son programme compliqué de constructions comprenant la maison du Liban, le palais de la fille du
pharaon, le temple de Yahweh, le palais du roi et la restauration des murs de nombreuses cités. Salomon créa une imposante marine hébraïque, fonctionnant avec des marins syriens et commerçant
avec le monde entier. Il avait près de mille femmes dans son harem.
P.1073 - §7 À cette époque, le temple de Yahweh à Silo tomba en discrédit, et tout le culte de la nation fut concentré à Jébus, dans la fastueuse chapelle
royale. Le royaume du nord retourna davantage vers l'adoration d'Élohim. Il bénéficiait de la faveur des pharaons qui asservirent ultérieurement Juda en soumettant le royaume du sud au
tribut.
P.1073 - §8 Il y eut des hauts et des bas des guerres entre Israël et Juda. Après quatre années de guerre civile et trois dynasties, Israël tomba sous la
coupe de despotes citadins qui commencèrent à faire commerce des terres. Même le roi Omri essaya d'acquérir le domaine de Shémer. Mais la fin approcha rapidement lorsque Salmanasar III décida de
contrôler la côte méditerranéenne. Achab, roi d'Éphraïm, rassembla dix autres groupes et résista à Karkar ; la bataille resta indécise. L'avance de l'Assyrien fut arrêtée, mais les alliés furent
décimés. Cette grande bataille n'est même pas mentionnée dans l'Ancien Testament.
P.1074 - §1 De nouvelles difficultés apparurent quand le roi Achab essaya d'acheter les terres à Naboth. Sa femme phénicienne imita la signature d'Achab sur les
documents ordonnant la confiscation de la terre de Naboth accusé d'avoir blasphémé les noms " d'Élohim et du roi. " Naboth et ses fils furent rapidement mis à mort. L'énergique Élie apparut sur
la scène accusant Achab du meurtre des Naboth. C'est ainsi qu'Élie, l'un des plus grands prophètes, commença son enseignement comme défenseur des anciennes moeurs concernant les terres, en
opposition avec le comportement des Baalim vendeurs de terres et avec la tentative des villes pour dominer le pays. Mais la réforme n'aboutit pas avant le moment où le grand propriétaire terrien,
Jéhu, joignit ses forces à celle du roitelet nomade Jonadab pour détruire les prophètes (agents immobiliers) de Baal à Samarie.
P.1074 - §2 Un regain de vie apparut lorsque Joas et son fils Jéroboam délivrèrent Israël de ses ennemis. Mais, à cette époque, la Samarie était gouvernée par
une féodalité de brigands dont les déprédations rivalisaient avec celles de l'ancienne dynastie de David. L'État et l'Église coopéraient étroitement. Leurs tentatives pour supprimer la liberté de
parole conduisirent Élie, Amos et Osée à écrire en secret, et ce fut le véritable commencement des Bibles juive et chrétienne.
P.1074 - §3 Mais le royaume du nord ne fut pas effacé de l'histoire avant le moment où le roi d'Israël conspira avec le roi d'Égypte et refusa de continuer à
payer tribut à l'Assyrie. Alors commença un siège de trois ans suivi par la dispersion totale du royaume du nord. Éphraïm (Israël) disparut ainsi. Juda les Juifs, le " reste d'Israël " avait
commencé à concentrer les terres entre les mains d'un petit nombre, " accumulant maison après maison et champ après champ ", comme disait Isaïe. Il y eut bientôt, à Jérusalem, un temple de Baal à
côté du temple de Yahweh. Ce règne de la terreur se termina par une révolte monothéiste conduite par le tout jeune roi Joas qui fit ensuite croisade pendant trente-cinq ans en faveur de
Yahweh.
P.1074 - §4 Amatsia, le roi suivant, eut des difficultés avec les contribuables édomites en révolte et avec leurs voisins. Après une victoire éclatante, il se
mit à attaquer ses voisins du nord et subit une défaite tout aussi retentissante. Ensuite, les gens des campagnes se révoltèrent ; ils assassinèrent le roi et mirent sur le trône son fils de
seize ans, Azaria, appelé Uzza par Isaïe. Après Uzza, les choses allèrent de mal en pis, et Juda vécut pendant cent ans en payant tribut aux rois d'Assyrie. Le premier Isaïe leur dit que
Jérusalem, étant la ville de Yahweh, ne tomberait jamais, mais Jérémie n'hésita pas à proclamer sa chute.
P.1074 - §5 La véritable ruine de Juda fut amenée par une bande de riches politiciens corrompus, sous le gouvernement du roi-enfant Manassé. L'économie
changeante favorisa le retour à l'adoration de Baal, dont les opérations immobilières privées sur les terres étaient contraires à l'idéologie de Yahweh. La chute de l'Assyrie et l'ascendant de
l'Égypte amenèrent, pour un temps, la délivrance de Juda, et les gens de la campagne prirent le pouvoir. Sous Josias, ils détruisirent la bande de politiciens corrompus de Jérusalem.
P.1074 - §6 Mais cette ère prit fin tragiquement lorsque Josias prétendit sortir pour intercepter la puissante armée de Nécho qui remontait la côte en venant
d'Égypte pour aider l'Assyrie contre Babylone. Josias fut balayé, et Juda dut payer tribut à l'Égypte. Le parti politique de Baal revint au pouvoir à Jérusalem, et c'est alors que commença la
véritable servitude égyptienne. Vint ensuite une période au cours de laquelle les politiciens de Baal contrôlèrent à la fois les tribunaux et la prêtrise. Le culte de Baal était un système
économique et social concernant les droits de propriété ainsi que la fertilité du sol.
P.1075 - §1 Lorsque Nébucadnetsar renversa Nécho, Juda tomba sous la suzeraineté de Babylone et reçut dix ans de grâce, mais ne tarda pas à se révolter.
Nébucadnetsar l'attaqua. Les Judaïtes inaugurèrent alors des réformes sociales, telles que l'affranchissement des esclaves, pour influencer Yahweh. L'armée babylonienne se retira temporairement,
et les Hébreux se réjouirent de ce que la vertu magique de leur réforme les eût délivrés. Ce fut durant cette période que Jérémie leur annonça le sort fatal qui les attendait, et bientôt
Nébucadnetsar revint.
P.1075 - §2 Et ainsi la fin de Juda survint soudainement. La cité fut détruite et le peuple emmené à Babylone. La lutte Yahweh-Baal se termina par la captivité,
et le choc de la captivité amena le reste d'Israël au monothéisme.
P.1075 - §3 À Babylone, les Juifs arrivèrent à la conclusion qu'ils ne pouvaient subsister en Palestine en tant que petit groupe ayant ses propres coutumes
économiques et sociales, et que, si leurs idéologies devaient prévaloir, il leur fallait convertir les Gentils. C'est ainsi que prit naissance leur nouveau concept de la destinée l'idée que les
Juifs devaient devenir les serviteurs élus de Yahweh. La religion juive de l'Ancien Testament évolua réellement à Babylone durant la captivité.
P.1075 - §4 La doctrine de l'immortalité prit également forme à Babylone. Les Juifs avaient cru que l'idée de la vie future détournait l'attention de leur
évangile de justice sociale. Maintenant, pour la première fois, la théologie remplaçait la sociologie et l'économie. La religion prenait corps en tant que système de pensée humaine et de conduite
de plus en plus séparé de la politique, de la sociologie et de l'économie.
P.1075 - §5 C'est ainsi que la vérité au sujet du peuple juif révèle que bien des évènements, considérés comme appartenant à l'histoire sainte, ne représentent
guère plus que la chronique de l'histoire profane ordinaire. Le judaïsme fut le terrain dans lequel grandit le christianisme, mais les Juifs ne furent pas un peuple miraculeux.
P.1075 - §6 Leurs chefs avaient enseigné aux Israélites qu'ils étaient un peuple élu, non à cause d'une complaisance spéciale et d'un monopole de faveur divine,
mais à cause de leur mission particulière d'apporter à toutes les nations la vérité d'un Dieu unique et suprême. Ils avaient promis aux Juifs que, s'ils accomplissaient cette destinée, ils
deviendraient les dirigeants spirituels de tous les peuples, et que le Messie attendu règnerait sur eux et sur le monde entier comme Prince de la Paix.
P.1075 - §7 Quand les Juifs eurent été libérés par les Perses, ils ne revinrent en Palestine que pour retomber sous la servitude de leurs propres prêtres, avec
leur code de lois, de sacrifices et de rituels. De même que les clans hébreux rejetèrent la merveilleuse histoire de Dieu présentée dans le discours d'adieu de Moïse en faveur des rites de
sacrifice et de pénitence, de même ces restes de la nation hébraïque rejetèrent le magnifique concept du second Isaïe en faveur des lois, des règles et des rites de leur prêtrise en
développement.
P.1075 - §8 L'égotisme national, la fausse confiance en un Messie promis et mal compris ainsi que la servitude et la tyrannie croissante de la prêtrise,
réduisirent définitivement au silence les voix des dirigeants spirituels (sauf Daniel, Ézéchiel, Aggée et Malachie). Depuis cette époque jusqu'à celle de Jean le Baptiste, tout Israël subit une
régression spirituelle constante. Toutefois, les Juifs ne perdirent jamais le concept du Père Universel ; même jusqu'au vingtième siècle après le Christ, ils maintinrent cette conception de la
Déité.
P.1076 - §1 Depuis Moïse jusqu'à Jean le Baptiste s'étend une lignée ininterrompue d'éducateurs fidèles qui transmirent, de génération en génération, le
flambeau de la lumière monothéiste, tandis qu'ils réprimandaient sans cesse les chefs sans scrupules, dénonçaient les prêtres faisant commerce et exhortaient toujours les populations à se rallier
à l'adoration du suprême Yahweh, le Seigneur Dieu d'Israël.
P.1076 - §2 En tant que nation, les Juifs finirent par perdre leur identité politique, mais la religion hébraïque de croyance sincère en un Dieu unique et
universel continue à vivre dans le coeur des exilés dispersés. Cette religion survit parce qu'elle a efficacement fonctionné pour conserver les plus hautes valeurs de ses partisans. La religion
juive a bien réussi à préserver les idéaux d'un peuple, mais non à entretenir le progrès et à encourager la découverte philosophique créative dans les domaines de la vérité. La religion juive
avait beaucoup de défauts elle était déficiente en philosophie et à peu près dépourvue de qualités esthétiques mais elle conserva les valeurs morales, et c'est pourquoi elle subsista. Comparé
avec d'autres concepts de la Déité, le suprême Yahweh était bien clair, vivant, personnel et moral.
P.1076 - §3 Les Juifs aimaient la justice, la sagesse, la vérité et la droiture comme peu de peuples l'ont fait, mais ils ont moins contribué que tous les
autres peuples à la compréhension intellectuelle et spirituelle de ces qualités divines. Bien que la théologie hébraïque ait refusé de s'élargir, elle a joué un rôle important dans le
développement de deux autres religions mondiales, le christianisme et le mahométisme.
P.1076 - §4 La religion juive persista aussi à cause de ses institutions. Il est difficile à une religion de survivre en tant que pratique personnelle
d'individus isolés. Les chefs religieux ont toujours commis l'erreur suivante : apercevant les maux de la religion institutionnelle, ils cherchent à détruire la technique de fonctionnement
collectif. Au lieu de détruire tout le rituel, ils feraient mieux de le réformer. Sous ce rapport, Ézéchiel fut plus sage que ses contemporains. Il se joignit à eux pour insister sur la
responsabilité morale personnelle, mais il entreprit aussi d'établir l'observance fidèle d'un rituel supérieur et purifié.
P.1076 - §5 C'est ainsi que les éducateurs successifs d'Israël effectuèrent dans l'évolution religieuse le plus grand accomplissement qui ait eu lieu sur
Urantia : la transformation graduelle, mais continue, du concept barbare du sauvage démon Yahweh, le jaloux et cruel dieu-esprit du fulminant volcan du Sinaï, en un concept ultérieur, exalté et
céleste, du Yahweh suprême, créateur de toutes choses et Père aimant et miséricordieux de toute l'humanité. Ce concept hébraïque de Dieu fut l'évocation humaine la plus élevée du Père Universel
jusqu'au moment où il fut encore élargi et amplifié avec un charme extrême par les enseignements personnels et l'exemple de la vie de son Fils, Micaël de Nébadon.
P.1076 - §6 [Présenté par un Melchizédek de Nébadon.]